L’ancienne piscine peut accueillir un équipement aquatique moderne au meilleur coût
Fermée depuis 2014, l’ancienne piscine du parc Georges Collet dispose d’un site déjà équipé, viabilisé et accessible. Sa reconversion en bassin nordique 8 lignes offre le meilleur rendement par euro public investi parmi toutes les options étudiées.
Comparer les options : quel projet maximise chaque euro public ?
L’indicateur clé : le coût d’investissement par m² de plan d’eau, en euros constants 2025. Plus la valeur est basse, plus chaque euro investi crée de surface d’eau utile pour les habitants.
Sources : dépliant municipal Palaiseau juin 2019 (scénario B : 5,2 M€ HT 2019) ; Construction centre aquatique intercommunal Palaiseau (10 M€ HT 2013) ; Atelier Malisan / SORGEM – Val d’Orge (11 110 933 € HT 2008). Actualisation BT01 ANIL.
| Projet | Surface d’eau | Coût origine (HT) | Année | Coeff. BT01 | Coût 2025 (HT) | €/m² (2025) | Ratio vs reconversion |
|---|
⚠ Le scénario C (espace ludique) est présenté à titre indicatif uniquement : il ne comprend aucun bassin de nage et n’est pas directement comparable aux équipements ci-dessus. Coût/m² calculé sur la surface du miroir d’eau (300 m²), non représentatif.
Les 3 scénarios de reconversion pour le site Georges Collet
Trois niveaux d’ambition ont été évalués sur le site existant. Le scénario B offre le meilleur équilibre entre surface d’eau, usage et coût.
- Bassin 50 m, 4 couloirs existants
- Pataugeoire 120 m²
- Surface totale : 761,5 m²
- Usage été uniquement
- Coût/m² : ~7 750 €/m²
- Bassin nordique 50 m, 8 couloirs
- Bassin loisirs + pataugeoire 200 m²
- Surface totale : 1 271 m²
- Usage toute l’année
- Coût/m² : 4 640 €/m² (meilleur)
- Miroir d’eau 300 m² + 15 jeux d’eau (500 m² de sol)
- Conservation de la pataugeoire actuelle
- Restructuration bâtiments + clôture du site
- Usage mai–septembre uniquement (3–4 mois/an)
- Aucun bassin de nage — savoir-nager impossible
- Coût actualisé : 3,4 M€ HT (2019) → ≈ 4,0 M€ HT en euros 2025 (indice BT01, coefficient 1,15–1,20). Il s’agit d’une estimation actualisée à partir du montant 2019.
- Usage très limité : pour ≈ 4,0 M€ HT, l’équipement n’est utilisable que mai à septembre (3 à 4 mois par an), fermé le reste de l’année.
- Pas de bassin de nage : le scénario ne comprend aucun couloir permettant l’apprentissage de la natation. Les écoles, collèges et lycées ne peuvent pas y répondre à leurs obligations scolaires.
- Pas de co-financement possible : l’Agglomération Paris-Saclay, le Département de l’Essonne et la Région Île-de-France n’ont pas vocation à financer un équipement sans lignes de nage supplémentaires — leurs critères de subvention exigent un équipement sportif structurant ouvert aux communes voisines.
Un projet finançable avec plusieurs partenaires publics
Le coût contenu de la reconversion (5,9 M€ HT 2025) rend ce projet finançable avec plusieurs partenaires publics. Dans un contexte tendu — la piscine de Longjumeau (Chichignoud) a fermé définitivement fin 2020 et celle de Montlhéry (Christine Caron) en 2022, laissant des milliers de scolaires sans créneaux de natation —, la reconversion du site Georges Collet répond à un besoin territorial réel et urgent, ce qui justifie l’implication de l’Agglo CPS, du Département de l’Essonne et de la Région Île-de-France. La ville de Palaiseau resterait maître d’ouvrage.
Répartition illustrative à confirmer selon les dispositifs en vigueur (DETR, FEDER, contrats de territoire).
- La piscine municipale Chichignoud à Longjumeau a fermé définitivement en novembre 2020, jugée trop coûteuse à rénover.
- La piscine intercommunale Christine Caron à Montlhéry a fermé en 2022, privéant à son tour élèves et clubs de créneaux.
- Plus d’un millier d’élèves de 6è ont été privés de cours de natation en 2023 faute d’équipements disponibles dans le département.
- Un équipement structurant à Palaiseau / Villebon-sur-Yvette (8 lignes, usage toute l’année) réduirait ce déficit et renforcerait la légitimité d’un cofinancement intercommunal, départemental et régional.
Faisabilité technique : des contraintes identifiées et maîtrisables
Le site a fait l’objet d’une analyse approfondie (urbanisme, sols, réseaux, bâtiments). Toutes les contraintes ont des solutions techniques standard et éprouvées.
| Critère | Reconversion (scénario B) | Construction neuve (La Vague, Val d’Orge) |
|---|---|---|
| Coût d’investissement | 5,9 M€ HT (euros 2025) | 13,8–20,2 M€ HT (euros 2025) |
| Coût par m² d’eau | 4 640 €/m² | 11 000–18 800 €/m² |
| Emprise foncière | Site existant, déjà viabilisé | Terrain neuf à acquérir/aménager |
| VRD & réseaux | Infrastructures existantes à raccorder | Création complète (coût élevé) |
| Délai de réalisation | Plus court (pas de fondations lourdes ex nihilo) | Plus long (études, permis, terrassements) |
| Impact environnemental | Réemploi du bâti, moins de béton neuf | Empreinte carbone élevée |
| Surface d’eau | 1 271 m² (comparable ou supérieure) | 1 076–1 250 m² |
| Usage annuel | Toute l’année (bassin nordique) | Toute l’année |
La chaufferie neuve dimensionnée pour le bassin nordique représente le poste d’exploitation le plus lourd. Deux technologies, déjà éprouvées sur des équipements comparables, permettraient de réduire significativement la facture énergétique et l’empreinte carbone.
- Aqualac – Aix-les-Bains (73) : 600 kW, > 90 % des besoins calorifiques couverts sur 5 bassins dont un bassin olympique extérieur ouvert toute l’année.
- Aquarena – Arras (62) : > 50 % des besoins annuels (~ 4 000 m² de bassins) ; − 194 t CO₂/an évitées.
- Cercle des Nageurs – Marseille (13) : 250 kW, bassin olympique extérieur maintenu à 27 °C toute l’année, − 35 % sur la facture énergétique.
- Centre aquatique – Aulnay-sous-Bois (93) : en service depuis juin 2021 ; en 2022, 16 sites en France utilisaient cette solution.
- Le débit disponible dans le collecteur et le potentiel de captage calorifique.
- La compatibilité avec la nappe alluviale (géothermie sur aquifère).
- Le taux de couverture énergétique réaliste pour le bassin nordique — et donc l’impact sur le coût d’exploitation annuel et le bilan carbone du projet.
Un coût de fonctionnement structurellement maîtrisé
L’étude de faisabilité actualisée aux indices 2025 montre un déficit annuel nettement inférieur à celui d’un équipement couvert — notamment grâce à une équipe réduite à 4,5 ETP contre 19,1 ETP pour La Vague.
| Poste | 2025 estimé (€) |
|---|---|
| Eau & assainissement | 52 164 |
| Électricité | 40 096 |
| Gaz | 209 745 |
| Produits chimiques | 31 280 |
| Maintenance, télécoms, divers | 8 285 |
| Personnel — 4,5 ETP | 216 000 |
| Autres charges | 216 000 |
| Total charges | 773 570 |
| Produits des services | 247 969 |
| Déficit brut d’exploitation | −525 601 |
Sources : SISPEA Eaufrance 2025 · CRE 2025 · PRVG janv. 2025 · BT01 ANIL · Grille FPT.
| Poste | Profil | ETP |
|---|---|---|
| 2 MNS | Surveillance POSS réglementaire | 2,0 |
| Responsable | Direction bassin (ETAPS cat. B) | 1,0 |
| Agent technique | Traitement eau, entretien | 1,0 |
| Accueil / caisse | Mutualisable avec autres équipements | 0,5 |
| Total | 4,5 | |
| Indicateur | Bassin nordique Georges Collet | La Vague (Equalia/CPS 2023) |
|---|---|---|
| Surface plan d’eau | 1 271 m² | 1 250 m² |
| Charges totales | 773 570 € | > 1 200 000 € |
| Personnel | 4,5 ETP — 216 000 € | 19,1 ETP — > 900 000 € |
| Déficit brut (base) | −526 k€/an | −716 k€/an |
| Déficit avec ENR (Energido®/géothermie) | −290 à −410 k€/an | Non applicable |
🌎 Trois références qui valident le modèle
🎯 Synthèse : moins cher à faire fonctionner, plus de plan d’eau utile
- Personnel 4× moins nombreux : 4,5 ETP vs 19,1 ETP pour La Vague — le plus grand gisement d’économie structurelle.
- Déficit 27 à 60 % inférieur à La Vague selon le scénario énergétique retenu.
- Gaz = risque principal : 27 % des charges, réductible à 3–13 % avec Energido® ou géothermie sur nappe alluviale de l’Yvette.
- Trois références directement comparables (Aix-les-Bains, Marseille, Talence) valident la viabilité opérationnelle du modèle.
Conclusion : pourquoi choisir le scénario B (bassin nordique 8 lignes)
🎯 Le meilleur rendement de l’investissement public, démontré par les chiffres
- Efficience financière maximale : à 4 640 €/m² de plan d’eau (euros 2025), la reconversion est 2,4× moins chère que La Vague (11 000 €/m²) et 3,2× moins chère que le Val d’Orge (14 000 €/m²).
- Surface d’eau comparable ou supérieure : 1 271 m² contre 1 250 m² (La Vague) et 1 076 m² (Val d’Orge).
- Usage étendu toute l’année : le bassin nordique 8 lignes permet d’accueillir clubs, scolaires, grand public en dehors de la saison estivale.
- Faisabilité technique confirmée : toutes les contraintes (PPRI, sols, traitement d’eau, chaufferie, accessibilité) ont des solutions standard disponibles.
- Montage de financement soutenable : le coût contenu (5,9 M€ HT) permet un montage avec Agglo CPS, Département et Région — reste à charge communale estimé à ~2,4 M€.
- Réemploi du patrimoine existant : site équipé, réseaux en place, bâtiment vestiaires à rénover — délai de réalisation plus court et empreinte carbone réduite vs construction neuve.
- Capacité d’accueil optimisée : configuration 8 couloirs compatible avec les usages sportifs structurés (compétitions de niveau régional, créneaux scolaires, clubs).
- Synthèse : pour chaque euro de financement public investi, le projet de reconversion génère 2 à 3 fois plus de surface d’eau utile que les constructions neuves de référence — c’est l’option qui maximise le service rendu aux habitants de Palaiseau et de l’Agglo Paris-Saclay.
— Dépliant municipal, Ville de Palaiseau, juin 2019
Annexes — Pour aller plus loin
Informations complémentaires mais utiles pour appréhender le projet dans sa globalité.
Annexe 1 — Détail des hypothèses de programme (surfaces, FMI, dimensions)
- FMI (fréquentation maximale instantanée) : 3 personnes pour 2 m² de plan d’eau (hypothèse standard pour piscine de plein air).
- Scénario A : bassin 50 m × 12,5 m (637,5 m²) + pataugeoire 124 m² = 761,5 m². FMI ≈ 1 143 baigneurs.
- Scénario B : bassin 51 m × 21 m (1 071 m²) + bassin loisirs/pataugeoire 200 m² = 1 271 m². FMI ≈ 1 907 baigneurs.
- Scénario C — Espace ludique familial : miroir d’eau 300 m² + 15 jeux d’eau sur 500 m² de sol + pataugeoire conservée. Pas de bassin de nage. Usage uniquement estival (mai–septembre).
- Le bâtiment vestiaires existant (194,5 m² de SU, structure poteaux-poutres en bon état) est conservé et restructuré pour les locaux du personnel. Un nouveau vestiaire d’environ 380 m² est créé (scénarios A et B).
Annexe 2 — Méthodologie d’actualisation des coûts (indice BT01)
Les coûts d’investissement d’origine ont été actualisés en euros 2025 via l’indice BT01 (tous corps d’état), publié mensuellement par l’ANIL.
- Scénario B / Palaiseau : 5,2 M€ HT (2019) × coeff. ≈ 1,135 → ≈ 5,9 M€ HT 2025. (BT01 : 2019 ≈ 117,4 ; nov. 2025 = 133,3)
- La Vague : 10 M€ HT (2013) × coeff. ≈ 1,38 → ≈ 13,8 M€ HT 2025. (BT01 : 2013 ≈ 96,7 ; nov. 2025 = 133,3)
- Val d’Orge : 11,11 M€ HT (2008) × coeff. ≈ 1,35 → ≈ 15,0 M€ HT 2025. (BT01 : 2008 ≈ 99,0 ; nov. 2025 = 133,3)
- Scénario C — Espace ludique : 3,4 M€ HT (2019) × coeff. 1,15–1,20 → ≈ 3,9 à 4,1 M€ HT 2025, soit ≈ 4,0 M€ HT arrondi. Estimation actualisée à partir du montant 2019 (dépliant municipal, juin 2019) — non confirmée par maîtrise d’œuvre.
- Source : ANIL – Indice BT01 (anil.org) et Habitatpresto (historique BT01).
Annexe 3 — Contraintes techniques détaillées (PPRI, sols, réseaux)
- PPRI de l’Yvette : zone orange (aléa moyen, hauteur d’eau < 1 m). Autorisations sous conditions : matériaux hydrofuges, équipements sensibles au-dessus de la cote de référence, pas de remblais sans compensation, pas de sous-sol.
- Sols : remblais (0 à 1,3 m), alluvions modernes (1,3 à 4 m), alluvions anciennes (4 à 9 m), marnes supragypseuses (dès 9 m). Fondations prévues : micropieux ancrés à 6–9 m.
- Réseaux : alimentation eau potable existante, assainissement séparatif en place (eaux usées + eaux pluviales avec débit de fuite ≤ 1,2 l/s/ha), raccordement gaz disponible pour la chaufferie.
- Sismicité : zone 1 (très faible) — pas de contrainte particulière.
- Amiante : un diagnostic amiante est à réaliser avant travaux (bâtiments construits avant 1997).
- Nuisances acoustiques : le site est hors zone de bruit de l’aéroport d’Orly — pas de servitude acoustique applicable.
Annexe 4 — Équipements aquatiques de référence dans le secteur
- Centre aquatique La Vague (Palaiseau) : bassin couvert 25 m / 8 lignes, bassin loisirs 221 m², bassin petite enfance 50 m², bassin loisirs extérieur 260 m². Inauguré 2013, construit pour ~10 M€ HT. Source : Construction du centre aquatique intercommunal de Palaiseau.
- Stade nautique d’Orsay : bassin 50 m × 20 m extérieur chauffé + bassin intérieur 25 m + pataugeoire. À 10 min du site.
- Centre nautique Val d’Orge (SGDB) : réalisé par Atelier d’architecture Malisan pour 11 110 933 € HT (2008), surface d’eau 1 076 m². Source : Atelier Malisan / SORGEM.
- Aucune piscine à Villebon-sur-Yvette (10 472 hab.) au moment de l’étude de 2019.
Annexe 5 — Sources et documents de référence
- Dépliant municipal « Reconversion de l’ancienne piscine ? », Ville de Palaiseau, juin 2019.
- Construction du centre aquatique intercommunal de Palaiseau (source maîtrise d’ouvrage, 2013).
- Centre aquatique du Val d’Orge – Atelier d’architecture Malisan / SORGEM (2008).
- Indice BT01 – ANIL (anil.org) et Habitatpresto.com (historique mensuel).
- PPRI de l’Yvette – Arrêté préfectoral du 26/09/2006.
- PLU de Villebon-sur-Yvette, approuvé en Conseil Municipal le 30 juin 2016.
